LA TAUPE
La taupe, mammifère souterrain d'environ 17 cm est un animal très présent sur nos parcours. Elle est aussi bien diurne que nocturne et creuse un réseau complexe de galeries et de chambres. Vu de l'extérieur, sa présence se manifeste par ses rejets de terre en forme de dôme ( et c'est bien ce qu'on lui reproche…)
C'est une travailleuse acharnée qui chasse et creuse pendant 4 heures, se repose 4 heures et repart à la chasse…Elle se réveille vers 7 heures lorsqu'elle sent la terre se réchauffer. Suivant la quantité de nourriture suer son territoire le réseau de galeries peut s'étendre de 500 à 3000 m2.
PRESENTATION DE L'ANIMAL: Sa tête se caractérise par un museau pointu qui se termine d'un groin percé de deux narines. Sa bouche s'ouvre par le dessous pour ne pas avaler de terre. Ses moustaches l'aident à se guider dans l'obscurité du sous-sol.
Ses yeux sont tout petits et cachés au milieu du poil. Si elle n'est pas aveugle, ses yeux sont si peu développés du fait qu'elle vit dans le noir qu'elle ne distingue que la nuit du jour…
Ses oreilles ne sont que deux minuscules trous percés dans son crâne à peine visibles au milieu de sa fourrure. Ce qui n'empêche pas la taupe d'avoir une ouïe très développée.
Son pelage ras est composé de poils courts et serrés plantés verticalement. Ils peuvent se coucher d'avant en arrière et d'arrière en avant, pour ne pas s'abîmer même lorsqu'elle se déplace à reculons dans les galeries.
Son odorat est si fin qu'elle peut sentir un ver de terre à plus de 5 cm de son nez ( qui n'a pourtant pas une odeur puissante). C'est pour cette raison qu'il est conseillé de faire flamber les pièges pour dissimiler l'odeur des mains du piégeur.
Ses dents sont au nombre de 22 à chaque mâchoire. Elle possède des crocs à sa mâchoire supérieure (comme le chien), des molaires et des incisives très tranchantes( comme le hérisson).
Ses pattes servent d'outils pour creuser. Les deux de devant sont courtes et robustes se terminant par une large main rugueuse ponctuée de griffes tranchantes. La taupe travaille comme une pelle mécanique: Elle creuse avec ses griffes et rejette la terre vers l'arrière avec l'intérieur de sa main. En terrain moyen elle creusera 12 à 15 mètres par jour avec des pointes pouvant aller jusqu'à 50 mètres. D'où l'importance de vite réagir!
UNE VIE DE TAUPE: Ce mammifère de la famille des insectivores occupe son temps entre la chasse et le sommeil. Elle se déplace par un prodigieux travail de terrassement consistant à évacuer la terre de ses tunnels. Alors que les hommes enterrent leurs déchets, la taupe les remonte à la surface pour en faire des taupinières si appréciées sur nos golfs. La taupe préfère les sols meubles aux sols sableux ou trop humides. C'est un animal territorial qui ne tolère aucun congénères en dehors de la période d'accouplement.
Sa nourriture est faite de tout ce qui lui tombe sur le nez à la seule condition que la petite bête ait une odeur même faible…sinon pas question de la détecter dans le noir absolu! Son bol alimentaire est constitué essentiellement de vers de terre et d'invertébrés terrestres (larves de coléoptères, larves de tipules, vers blancs, mille-pattes, courtilières).
Ses petits sont protégés dans un lit de feuilles mortes situé en bout de galerie. C'est au printemps (avril) que la taupe met au monde 3 à 7 petits qui naissent nus et roux de peau. Il n'y a qu'une portée par an. Devenus adultes ils se séparent pour une vie solitaire. La durée de vie de la taupe est d'environ 3 ans.
L'hiver, la taupe s'enfonce plus profondément dans le sous-sol pour se protéger du froid et trouver de la nourriture à sa portée. Mais la taupe est active toute l'année sans hiberner. Son activité est plus importante au printemps.
COMMENT CHASSER LA TAUPE:Autrefois la taupe était chassée pour sa fourrure (2500 taupes permettaient de confectionner un manteau…). Aujourd'hui la taupe n'est éliminée que lorsque ses galeries occasionnent une gêne.
On peut tuer une taupe avec un fusil, un piège ou en l'empoisonnant (ver de terre empoisonné, gaz). Il est également possible de seulement repousser la taupe. Contrairement aux idées reçues, les taupes ne sont pas hémophiles et des épines ou tessons de verre ne les gênent pas.
En cas de faible ou moyenne infestation, la technique la plus employée demeure le piégeage. La pose des pièges à ressort nécessite un court apprentissage pour les placer au bon endroit, pour bien refermer après avoir nettoyé la galerie. Il faut tendre les pièges dans les galeries principales ou périphériques car seules celles-ci sont fréquentées quotidiennement. C'est pourquoi il important d'agir vite avant que le chantier de taupinières ne soit trop important. Les pièges se mettent toujours dans le sens de l'avancée de la taupe, pas dans les galeries perpendiculaires qui souvent ne sont que des impasses ou la taupe n'a fait que dormir avant de faire demi-tour pour ne plus jamais la fréquenter.
Il faut mettre des gants, ouvrir la galerie avec une bêche sur 20-30 cm, bien dégager avec la main la terre obstruant la galerie, tendre les pièges et les introduire à l'intérieur de la galerie. Refermer le dessus avec la motte prélevée à la bêche où une planchettes en bois pour que la lumière ne pénètre pas.
Les taupes ayant un odorat très développé il est indispensable d'acheter des pièges non peints. Il est également conseillé de les dépolir ( pour éviter que le carré ne glisse de lui même) et de les faire séjourner dans un mélange terre eau pendant quelques jours.
L'ATTIRAIL DU PIEGEUR:Qui veut s'occuper du cas des taupes à de quoi faire. Il existe une multitude de solutions.
Maintenant il ne vous reste plus qu'à surveiller vos jardins et parcours de golf. Vous connaissez l'animal, il ne vous reste plus qu'à freiner sa progression. Si votre emploi du temps est trop chargé ou si vous ne vous en sentez pas capable confiez cette tâche à un taupier…métier qui revient au goût du jour devant la prolifération de taupes ces dernières années.
Vers de terre Vert de rage
Le feuilleton « vers de terre » sur nos parcours de golf commence à prendre une ampleur prévisible pour les professionnels de l’entretien mais ignorée (volontairement ou non ?) par l’ensemble des protagonistes du monde golfique. Ces dernières années nous n’avons fait que repousser cette échéance pourtant connue de TOUS ! Nous avons vu les derniers produits susceptibles de nous aider dans le contrôle des vers de terre disparaitre sans que cela inquiète qui que ce soit. Faute d’être aidés (et soutenus…) par les organisations professionnelles, nous avons pour la plupart optés pour des solutions égoïstes (moi le premier), c'est-à-dire la débrouille pour endiguer ce fléaux quitte à flirter avec l’illégalité (plus qu’un flirt d’ailleurs, un plongeon !). Ce fût la course aux insecticides interdits que chacun épandait avec la complaisance sans faille de sa direction et du monde du golf (pas vu, pas pris…..) sous le prétexte économique flagrant : moins de vers, plus de golfeurs.
Moi le premier je donne raison à ma direction….comment se priver des golfeurs à partir du mois octobre jusqu’aux premiers jours du printemps soit pour La Vaucouleurs quelques 130 000 €uros de green-fees en jeu !
Est-ce être « anti-écologie » que de souhaiter une autorisation de régulation des vers de terre ?
NON, moi je boue de vivre dans la boue !
D’autant plus que l’on ne parle pas seulement du confort du golfeur mais plus simplement de la sécurité de nos jardiniers ! Avez-vous déjà testé une petite descente sur la gadoue, tout ça pour seulement vouloir tondre des greens de golf en Octobre ?
Comment expliquer aux golfeurs déjà privés de leur terrain en bonne condition de jeu qu’en plus il leur faudra se passer d’entraînement faute d’avoir pu ramasser les balles….le tracteur patinant sur les déjections de vers au milieu du practice !
Comment allons-nous-gérer la tonte des fairways aux premiers jours d’octobre, si la terre générée par les vers de terre s’enroule autours des rouleaux de tondeuse rendant le travail des jardiniers quasi-impossible ?
De quelle sécurité bénéficie le golfeur privé de ses clous au profit de softspikes (plus soft que spike d’ailleurs…) pour circuler sur des parcours parfois très vallonnés ?
Toutes ces questions trouveraient certainement une réponse si nous étions un peu plus écoutés et aidés par les instances régissant le golf et organisations professionnelles. Lorsqu’on voit le battage médiatique (et les appuis de l’état qui en découlent) autour de l’organisation de la RYDER CUP en France en 2018, je pense qu’on doit être également capables de se rassembler pour solutionner le problème des vers de terre. D’ailleurs pour cette RYDER CUP il est prévu de demander 3 €uros de participation à chaque licencié…..mais sommes nous certains que leur nombre sera toujours de 400 000 dans 9 ans si on les contraint de jouer des parcours boueux…..?
Nous aider à obtenir la réintroduction et l’homologation des produits limitant la prolifération des vers de terre n’est pas un acte ANTI-ECOLOGIQUE….Permettez-nous de faire revenir les insecticides si facilement disponibles chez nos voisins frontaliers…L’écologie aurait-elle des frontières ?
Que je sache la mairie de Paris n’est pas contre l’écologie lorsqu’elle diminue les populations de pigeons salissant ses rues …… .
Lorsque je dératise mon grenier pour éviter les nuisances des petits et gros rongeurs suis-je un assassin ?
Même problématique lorsque sont organisées des battues aux sangliers, lapins et autres gibiers pour réduire leur nombre et les problèmes qui en découlent : Acte contre la nature vous croyez ?
NON il s’agit ici d’actes RAISONNES qui aident à vivre dans un monde ou l’animal côtoie l’homme sans toutefois l’envahir……
Maintenant, dois-je croire au « père noël » pour voir le monde golfique se bouger ? Faites confiance aux green-keepers et à leurs compétences pour apprécier l’utilisation des produits phytosanitaires lorsque cela est nécessaire ! En plus, si l’utilité des vers de terre n’est plus à démontrer en terre agricole, leur absence des fairways de la Vaucouleurs pendant 10 ans n’a semble t-il pas altéré leurs qualités agronomiques. Quant bien même leur activité s’avérait indispensable, que représentent les quelques centaine d’hectares de fairways en pourcentage des surfaces cultivées ou jardinées ?
Par contre je suis tout à fait d’accord pour le 0% d’arrosage des fairways et roughs sur les golfs, le 0% désherbage sélectif des parcours, décisions qui ne gênent en rien la bonne pratique du jeu de golf et ne ferons pas fuir les golfeurs.
Puis je ne peux terminer ce courrier sans lier à nos préoccupations deux autres secteurs d’activité qui sont les stades et les hippodromes ….qui assurément devront eux aussi jouer d’imagination pour lutter contre les lombrics coupables un jour ou l’autre d’avoir blessé lors d’une mémorable glissade tel footballeur ou rugbyman payés des fortunes ou la dernière pouliche achetée à prix d’or ….alors quelles solutions ? Toujours ce silence étouffant ? Allons nous nous laisser croire que des solutions existent telle que l’épandage de sable (ruineux et sans résultats probants) ou de cyanamide de chaux fortement dosée en azote (elle est où l’écologie….) où je ne sais encore quelle poudre de perlimpinpin vendue des fortunes !
Voilà ma note très personnelle et pas très optimiste je le conçois de ce que j’avais envie de « glisser » sur une feuille…..
Evidement cela aurait été beaucoup plus amusant écrit sous forme d’un poème mais décidément je ne me ferais jamais aux vers …..
MIGNON Jean louis